Envol

WEEK-END

Séjour loisirs à Scottsdale, en Arizona

Comment profiter pleinement de la vie, d’une façon unique.

Fairmont Scottsdale Princess

Scottsdale est une ville de la banlieue de Phoenix, en Arizona. En plein désert – d’une couleur terre bien particulière –, on y retrouve des ensembles résidentiels protégés et d’immenses résidences construits sur les pentes rocailleuses de pics où poussent de magnifiques cactus. Mais ce territoire est aussi parsemé de terrains de golf et de piscines : en fait, c’est une ville entière vouée aux loisirs. Phoenix est la ville où l’on travaille ; Scottsdale, sa jolie petite sœur, celle où l’on se détend.

À votre arrivée, le premier endroit où il faut aller, c’est un spa, pour vous mettre dans l’esprit Scottsdale. Après tout, c’est la capitale américaine des spas. Au spa du Four Seasons Resort Scottsdale, le soin personnalisé et pénétrant du visage Desert Nectar Facial soulage les peaux desséchées, pendant qu’une limonade à la figue de Barbarie étanche la soif. J’apprécie particulièrement le gommage des mains (au miel de la région) qu’on met ensuite dans des gants pour le four, pendant qu’on me fait une exfoliation et un massage du visage. Au spa Willow Stream, du Fairmont Scottsdale Princess, on s’inspire d’une oasis cachée dans le Grand Canyon, appelée Havasupai ; le soin Desert Purification, par exemple, est un masque corporel à l’argile et à la semoule de maïs, auquel s’ajoute une exfoliation obtenue à l’aide d’un tissu en fibres naturelles provenant de cactus.

AMEX

Une fois détendus, vous serez à même d’apprécier le fait que Scottsdale abrite plus de 100 galeries, toutes situées dans une partie de moins de trois kilomètres carrés de l’Arts District, au centre-ville, un quartier vivant où se côtoient art contemporain et art traditionnel de l’Ouest, dont l’artisanat autochtone. De nombreuses boutiques et galeries proposent par exemple des bijoux en argent faits main par les Zunis. En fait, on y trouve les créations de centaines d’artistes qui utilisent des techniques variées, donc aucun danger : vous n’aurez pas d’indigestion de tapis navajos. On peut aussi faire des visites commentées du quartier les jeudis soir.

À l’autre bout du spectre culturel – après avoir vu des ânes, des coqs et des affiches « Armes interdites » –, on peut admirer quelques édifices de style Far West. Curieusement, on n’est qu’à quelque 30 kilomètres du quartier des galeries, mais on a l’impression de se trouver au milieu de nulle part. Il s’agit de Greasewood Flat, la patrie du hamburger demi-livre au fromage et poivrons verts. Notre barman Paul nous initie à quelques traditions locales. Il y a des milliers de billets de un dollar piqués au plafond : selon une vieille coutume, les cow-boys qui travaillaient sur la piste poussiéreuse les plaçaient là pour être certains d’avoir de quoi payer leur verre à leur retour. J’ai réalisé en sortant que tout cela n’a aucun rapport avec le luxe – depuis que ces cow-boys se sont établis ici, les gens ont toujours su choisir leurs priorités !

La deuxième chose que j’ai apprise, c’est que « loisirs » ne rime pas forcément avec « facilité » – particulièrement avec la chaleur accablante de la région. Au Four Seasons, bien installé dans un transat au bord de la piscine, on peut admirer les affleurements rocheux ; alors, après quelques jours, impossible de résister à l’appel des sommets. Le Pinnacle Peak Park s’étend sur 60 hectares et comprend un sentier en boucle de 5,6 kilomètres pour la randonnée à pied et à cheval. On dit qu’il ne faut pas entreprendre cette ascension après 7 h du matin à cause de la chaleur, alors nous sommes partis à 6 h 30 ; ce n’est pas une montée exigeante, et le paysage du désert de Sonora est un enchantement. Petit conseil, cependant : attention aux crotales.

Après cette excursion, le soir venu, nous étions prêts à expérimenter le côté plus raffiné de la gastronomie du désert. Nous sommes donc allés au Bourbon Steak, du réputé chef Michael Mina. Le bar et la salle à manger sont en harmonie avec l’étonnante coiffure « mohawk » du serveur et du sommelier. Dans cette grilladerie contemporaine nouvelle vague, pas de trucs comme la salade César bourrative ou la sauce cerise. On préfère le tartare au thon lié à l’œuf de caille, ou une cassolette de homard d’un kilo, ouvert à la table et reconstitué dans l’assiette ; la sauce brandy et crème et les morceaux de homard sur carapace ont de quoi faire rougir tous les autres plats du genre.

Mon steak était du meilleur Kobe américain. Pour couronner le tout, les beignets servis avec un pot de crème aromatisée au Macallan (18 ans) sont sans doute le meilleur dessert que j’aie goûté. Ce repas m’a permis de bien comprendre ce lieu que j’ai visité l’espace d’un week-end : c’est un mélange de choses haut de gamme et bas de gamme, d’activités intérieures et de plein air, de découvertes culturelles et pas du tout culturelles. Bref, le style épicurien propre à Scottsdale est difficile à définir. Et plus difficile encore à quitter.

(Amy Rosen est journaliste spécialisée en gastronomie, mais devrait sans doute s’intéresser au conditionnement physique. Visitez son blogue à thenationalnosh.blogspot.com)

S’y rendre

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FLEURS: SCOTTSDALE CVB
BIJOUX: SCOTTSDALE CVB
SPA: FOUR SEASONS

ACV