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HÉbergement

Au pays des merveilles... pour un week-end

Maison dans les arbres ou salon-hélicoptère? Avec ses 18 chalets plutôt fantaisistes, le Winvian est un luxueux complexe hôtelier qui sort de l’ordinaire.

Le chalet Camping

Après avoir traversé le paysage vallonné des Litchfield Hills, au Connecticut, nous voici devant une clôture blanche, toute simple. Au portail, venant d'un interphone, une voix douce nous dit de suivre l’allée bordée d’immenses érables noueux.

Ici, pas de passage obligé à la réception. Seuls deux vélos étincelants de soleil nous attendent à l’extérieur du pavillon principal, et une jeune employée d’origine péruvienne nous explique que tous les chalets sont équipés de bicyclettes. Nous pourrons essayer les nôtres sous peu. Puis, elle nous fait visiter les lieux, comme si c’était sa propre maison de campagne. Le domaine sera, pour ainsi dire, notre terrain de jeu.

Nous voilà donc au Winvian, un hôtel spa de grand luxe qui accueille une clientèle de gens aisés qui ont envie d'essayer quelque chose de... différent. Le mot «hôtel» n’est d’ailleurs peut-être pas tout à fait approprié. Il s’agit en fait d’un domaine de plus de 45 hectares, sur lequel ont été construits 18 chalets au design unique, conçus par une quinzaine d’architectes, dont David Sellers et Kimo Griggs.

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Le Winvian est donc un complexe hôtelier, et il cible une clientèle qui ne déteste pas l’excentricité, avec une touche ludique: par exemple, le chalet Treehouse est une maison dans les arbres à 10 mètres au-dessus du sol; dans le Charter Oak, il y a un chêne imposant au milieu du salon; et l’Helicopter est une espèce de «hangar» qui abrite un véritable hélicoptère Sea King Pelican remis en état. Les autres chalets sont tout aussi confortables... et surprenants (le Camping possède une véranda donnant sur une forêt privée; guimauves et feu de bois sur la terrasse dotée de moustiquaire sont fournis). Et, avis aux sceptiques: tout est aménagé avec goût.

Au pavillon principal (où l’on verrait bien passer Gatsby le magnifique), tout est fait pour que nous nous sentions à l'aise, et ce qu'on nous propose est tout de même plus conventionnel que les chalets. Nous optons pour un badminton sur la pelouse, et nous nous servons des Mint Julep (il y a plusieurs bars où l’on peut se concocter une boisson en tout temps). Et, comme je n'ai pas l’habitude de me faire servir, je prévois tout de suite que j'irai plus tard me préparer un apéritif dans la salle de jeux (où j'en profiterai pour jouer à un jeu de palets américain avec Jeremy, mon compagnon de voyage).

Par la fenêtre, de l’autre côté de l’étang à carpes koï, j’aperçois une cheminée qui fume près de la forêt. C’est, me dit-on, le spa où nous aurons notre massage pour deux près du feu, dans la Suite of 40 Winks.

Avant même d’avoir vu notre chalet, nous sommes donc impressionnés par l’endroit. Mais, quand nous y arrivons enfin, l'étonnement est plus grand encore: nous croisons un employé, un couvercle argenté à la main, qui sort du chalet, où il a apporté une assiette de fromages et de charcuterie, un gaspacho, et une bouteille de champagne en guise de bienvenue. Notre chalet est le CT Yankee in King’s Arthur Court, un clin d’œil de l’architecte Malcom Appleton au roman Un Yankee à la cour du roi Arthur, de Mark Twain, dans lequel un Américain remonte le temps et se retrouve dans l’Angleterre médiévale. À notre tour, donc, de faire un voyage dans le temps.

Nous admirons l’imposante cheminée et ses motifs de chevron, les poutres apparentes et le très grand lit à colonnes. Le confort moderne n’a pas été négligé pour autant: chaîne audio Bose, bar bien fourni, machine à café Nespresso et un interrupteur près du lit qui éteint toutes les lumières.

Des clients de l’hôtel nous diront par la suite que les chalets ont tous quelque chose d’exceptionnel. Le nôtre a une salle de bain de granit qui lui donne un petit côté Stonehenge (si ce n’était des chics produits de toilette anglais REN, du bain tourbillon assez grand pour deux et du sauna de verre équipé de jets de douche et d’autres options que l’on peut régler à sa guise).

Le repas du soir est gastronomique sans être bourratif. Notre serveur, originaire de l'Italie, nous sert un pinot noir du Domaine Chandon (la filiale américaine du géant champenois) et a la gentillesse de nous signaler un excellent cru chilien très abordable que nous pourrons déguster à la maison (la cuvée Alexandre de Casa Lapostolle, un merlot). Nous commandons à la carte un pigeonneau rôti aux cerises. Je n’ai plus très faim au moment du dessert, je commande donc une seule boule de sorbet artisanal à la Corona, délicieusement rafraîchissant. 

Rien de mieux pour rencontrer d’autres clients que de parler des découvertes que nous avons faites dans nos chalets respectifs. Comme Alice au pays des merveilles, personne ne savait ce qui se cachait de l'autre côté de la porte de son chalet. J’ai une petite pointe de jalousie quand j’entends parler du Beaver Lodge, l'un des chalets les plus demandés, de sa cheminée à double foyer, de ses menuiseries faites de bois d’un barrage de castor et d’une chute qui part du plafond et qui sert de baignoire. Ce sentiment n’est qu’éphémère, car je sais que, ce soir, je dormirai comme une princesse. Et puis, après tout, je peux toujours revenir.

(Poppy Wilkinson est la rédactrice en chef d’Envol. Elle a signé un article sur les hôtels de Buenos Aires dans le numéro du mois d’août.)

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