BOIRE ET MANGER
Nouvelle-Écosse gastronomique: apprendre et déguster en pleine nature
Notre journaliste nous raconte son séjour santé gastronomique au Trout Point Lodge, une auberge entourée d’un domaine boisé situé en bordure d’une immense aire naturelle protégée de 10 kilomètres carrés.

C’est le début de l’été. Sous un magnifique soleil, nous arrivons au Trout Point Lodge, une auberge située au bord de la rivière Tusket, dans le sud de la péninsule néo-écossaise. À l’intérieur du pavillon principal, la bonne odeur du feu qui palpite dans l’énorme cheminée vient nous chatouiller les narines. Et les canapés, placés près de la cheminée, sont invitants. Je prends une grande inspiration, la première depuis longtemps.
Pendant que je jette un œil aux livres mis à la disposition des clients, une autre odeur appétissante, venant des cuisines, à l’étage au-dessous, me ramène à la réalité. Vaughn Perret, l’un des copropriétaires, arrive alors, se présente, et nous offre des biscuits double chocolat frais sortis du four.
Ces petites douceurs sont de bon augure. Dans cet établissement situé en pleine nature, c’est pour beaucoup la cuisine qui attire la clientèle. Les trois copropriétaires, Vaughn Perret, Charles Leary et Daniel Abel, sont arrivés ici au milieu des années 1990, venant de la Louisiane, pour renouer avec leur passé culinaire acadien. Depuis 2000, en été et en automne, ils livrent à leurs hôtes les secrets de la cuisine cajun et créole dans le magnifique décor rustique chic de leur auberge.
Je suis venue ici pour apprendre, pour bien manger et pour me détendre (quel que soit l’ordre). Huit autres vacanciers, venus d’un peu partout en Amérique du Nord, sont là, avec les mêmes objectifs. Après le petit-déjeuner – j’ai choisi café et pain doré –, nous partons à la découverte d’élevages d’huîtres de la région, sur le lac Eel (ces huîtres sont d’ailleurs succulentes). À la poupe d’un bateau de pêche qui en a vu d’autres, nous admirons les centaines de cages bien alignées qui se balancent sous l’eau. En saison, on récolte ces mollusques par millions.
De retour à l’auberge, nous dégustons pour dîner des moules au vin blanc et au safran. Bien rassasiés, nous passons à la cuisine, où nos hôtes sont en pleine action (ils préparent le souper). Le trio s’adonne à une joute verbale de haut vol. Les hommes s’interpellent, se répondent et y vont de quelques bonnes blagues tout en nous expliquant comment débiter un oignon (le truc de Daniel: achetez un hachoir, c’est plus rapide...). Nous apprenons comment faire un roux (très utilisé en cuisine créole) et quelques bons trucs sur les fruits de mer que certains notent pour bien s’en souvenir. (Décidément, pendant un stage culinaire dans une auberge, tout autant que quand on reçoit à la maison, la cuisine est toujours un lieu où les gens se rassemblent avec plaisir.) Les chefs nous donnent le choix: les cuistots en herbe peuvent soit se contenter d’observer soit mettre la main à la pâte.
Plus tard, durant le souper aux chandelles, nous levons notre verre à notre festin: une soupe créole au porc et aux pois zombi, et de l’églefin au sésame, servi avec des légumes et une salade verte. Je prends, à nouveau, une grande inspiration avant d’y aller de mon premier coup de fourchette.
(Frances MacKinnon est la productrice de Daily Planet sur Discovery Channel Canada. Elle vit à Toronto.)
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LES HUÎTRES: FRANCES MACKINNON



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