Envol

WEEK-END

Cap au nord

Fort McMurray, en Alberta, est en plein essor. Il s'y brasse de grosses affaires... Mais cela ne signifie pas pour autant que l’on ne sait pas s’y amuser.


« Quand je demande aux gens s’ils aiment ça et qu’ils me répondent que c’est intéressant, je sais toujours ce que ça veut dire », lance Bonnie Jackson, hôtesse au Fish Palace, un restaurant populaire de Fort McMurray fondé par un couple de Terre-Neuviens. Mme Jackson fait ici référence à une entrée bien particulière: de fines tranches d’alligator de Louisiane (dont le goût rappelle celui du poulet, et la texture celle du porc) nappées d’une sauce crémeuse au whisky. Mais il pourrait tout aussi bien être question de Fort McMurray: demandez aux gens ce qu’ils pensent de cet endroit situé à 400 km au nord de la ville la plus proche, et ils vous répondront que, là-bas, on vit un peu comme dans une bulle. C’est leur façon de dire qu’il n’existe rien de comparable ailleurs au pays.

Isolé dans une vallée entourée par la forêt boréale, Fort McMurray était au départ une porte d’entrée vers le Grand Nord. L’été, sur la rivière Clearwater, on peut encore voir des hydravions s’envoler pour Fort Chipewyan, un comptoir de la Compagnie du Nord-Ouest établi au XIIIe siècle. Avec le temps, c'est devenu un puissant moteur économique, en pleine contrée sauvage, qui tourne sans relâche. D’un côté de Fort Mac, la rivière Clearwater rejoint la rivière Athabasca, laquelle se jette au nord dans l’océan Arctique. De l’autre, des camionnettes blanches circulent en file sur la Sakitawaw Trail. Dans cette ville de 65 000 habitants, c’est toujours l’heure de pointe.

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« Voici ce qu’on appelle Mortgage Mountain », me dit Stu Ross, un ancien résidant de Colombie-Britannique qui s’est installé à Fort Mac il y a plus de 20 ans. Il porte de grosses bottes mukluks, et, de sa tête coiffée d’un chapeau en fourrure de lapin, il désigne les grandes maisons dispersées sur une colline surplombant le centre-ville. Photographe et expert en aurores boréales, responsable d’Aurora Tours, M. Ross me fait visiter le coin. La ville étant d'abord un lieu d'affaires, les tuyaux des gens du coin ne sont pas inutiles pour découvrir les divertissements qu’elle offre.

La culture au nord du 57e parallèle

Fort Mac regorge de voyageurs de passage venus de tous les coins du monde. Il en résulte un mélange singulier: les gens ont à la fois une allure typiquement ouvrière, mais aussi un look de cow-boys adaptés à la ville. Dans des cafés bondés d’hommes en salopette, on regarde BBC World News. Il vaut la peine de jeter un coup d’œil au Keyano Theatre and Art Gallery, qui a notamment déjà présenté les œuvres d’Annie Pootoogook, une artiste du Nunavut récipiendaire d’un prix Sobey; la collection du Keyano est assez impressionnante pour une ville de la dimension de Fort McMurray. Mais si vous voulez vraiment être impressionnés, habillez-vous chaudement. « Photographier les aurores boréales, c’est comme aller à la chasse », me dit M. Ross. « Il faut savoir appuyer sur la détente au bon moment. » Aurora Tours se trouve à Willow Lake, à environ 45 kilomètres de la ville. Les meilleurs moments pour s’y rendre sont tard le soir et vers la fin de l’hiver.

Notes gastronomiques

Dans cette ville en plein boom, on doit réserver même pour manger dans les endroits les plus ordinaires. Le restaurant italien Pesto’s, qui propose une bonne table dans une atmosphère intime, offre une excellente carte des vins (on recommande entre autres le Wild Horse Canyon 2007, un cabernet sauvignon de Colombie-Britannique), un menu réconfortant et une ambiance branchée (on y écoute la musique de Feist). En plus du prévisible filet mignon de l’Alberta, vous y découvrirez des plats surprenants – la poitrine de canard fumé aux airelles et à la marmelade à l’orange, par exemple. Toutefois, la plus grande surprise que nous réserve cette ville nordique, ce sont les sushis. Les gens du coin raffolent de ceux du Fuji Japanese Restaurant, un établissement de style diner où, selon le vieux routier de la radio locale R. J. McNichol, « le poisson est aussi frais que si on venait de l'acheter au port de New Westminster ». Parmi les incontournables, mentionnons le rouleau frit au thon, relevé de sauce Ponzu, ainsi que le « dragon », aussi amusant que kitsch, avec sa queue formée de morceaux de rouleau et sa tête rugissante sculptée avec art dans un concombre.

Une auberge chaleureuse

Le trappeur Bob Packolyk (qui passe beaucoup de temps à se promener dans les bois avec sa motoneige) et sa femme, Paulette, qui se dit descendante de Louis Riel, sont venus d’Edmonton et ont retapé une auberge en ruine, Chez Dubé, il y a sept ans. La particularité de cet endroit, outre la grande hospitalité des propriétaires et les déjeuners préparés sur demande par leur chef thaï, est la vaste salle de jeux qu’on y retrouve, avec son plafond cathédrale et sa table de billard.

(Craille Maguire Gillies habite Edmonton. Elle a déjà travaillé à enRoute. Elle est maintenant rédactrice principale d’Unlimited, un magazine travail et mode de vie pour les gens de la vingtaine et de la trentaine.)

Renseignements utiles
Fort McMurray Tourism, 400 Sakitawaw Trail, 800-565-3947, fortmcmurraytourism.com
Fuji Japanese Restaurant, 8706 Franklin Ave., #200, 780-788-2128
Pestos Café, 330 Thickwood Blvd., #440, 780-714-9266


S’y rendre

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PHOTO DU HAUT : THE GROVE MENIL COLLECTION : GREATER HOUSTON CONVENTION AND VISITORS BUREAU

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