DESTINATION SOLEIL
Verts et mer
Comment trouver l'authentique Myrtle Beach, jamais très loin du terrain de golf.

À Myrtle Beach, en Caroline du Sud, le printemps arrive tôt et l’automne arrive tard. Pour ce qui est de l’hiver, seuls les habitants de la région peuvent vous dire qu'il existe. D'ailleurs, le cirier (wax myrtle, en anglais), l’arbuste toujours vert qui a donné son nom à la ville, ne craint pas de passer une nuit sous zéro de temps à autre. Et la plage, une étendue parfaite de sable blanc, prend une allure apaisante à la basse saison. Bien souvent, la température y est idéale pour le golf. C’est donc en traînant mes bâtons et en réfléchissant à mes élans que je m’y suis rendu quand le (véritable) hiver s'est pointé le nez plus au nord.
N’en étant pas à mon premier séjour, je souhaitais éviter les endroits fréquentés par les hordes de clients d'affaires. Lieu de rêve pour s’adonner au golf depuis que l’ouragan Hazel a dévasté la ville en 1954 et que celle-ci s’est réinventée en destination de golf, Myrtle Beach se spécialise dans les forfaits 36-trous-par-jour-avec-voiturette-obligatoire. Très peu pour moi, parce qu'il y a fort à parier que, avec ces « super-forfaits », le temps qu'on ne passe pas en voiturette, on le passe dans la circulation de Business 17, aussi appelée Kings Highway, un tronçon d’autoroute illuminé par les néons des centres commerciaux, des bars de danseuses et des buffets à volonté qui s’y suivent à la queue leu leu. Il m’a donc semblé que trouver l'authentique Myrtle Beach en vaudrait la peine.
J’ai commencé mes recherches au Whispering Pines GC. Ce terrain a beau être situé tout près de l’aéroport, c'est le seul à avoir reçu la certification de l’Audubon Cooperative Sanctuary. Pour 26 $, j’ai pu tester mon élan tout en me promenant dans ce magnifique espace vert loin de toute habitation. Le lendemain, je suis allé à Azalea Sands, un parcours de propriété familiale où les marcheurs sont les bienvenus l’après-midi. Vous avez remarqué que le nom de l'endroit fait référence aux azalées et au sable. Pour ce qui est des azalées, elles n'étaient pas encore en fleur; le sable, par contre, je l’ai trouvé sans difficulté, à plusieurs reprises.
De retour à l'hôtel, l'animé Coral Beach Resort, j’ai lancé quelques boules de quilles dans la salle de jeux du quatrième étage. Voilà un autre sport de précision qui se joue sur des allées étroites et qui impose un code vestimentaire, ai-je pensé – à la différence près qu’on y joue sur fond de musique country. J’étais plus déterminé que jamais à réussir des coups de maître le lendemain.
Au Black Bear, un terrain sinueux dessiné par Tom Jackson, on m’a encore permis de marcher, et mon jeu a commencé à se replacer. À mi-parcours, sous le ciel bleu de la Caroline, j’ai réussi un par, puis un autre, puis un autre encore: bref, une suite particulièrement heureuse. Ma confiance retrouvée, j’ai décidé d’essayer plus tard une autre création de Tom Jackson: le Magnolia Greens, au sud de Wilmington, en Caroline du Nord. Là, la voiturette était obligatoire, mais les superbes verts parsemés d’agrostides – j'avais l’impression de jouer sur une autoroute – ont largement compensé ce désagrément. C’était le dimanche du Superbowl, le terrain était donc presque désert.
Une journée de congé s’imposait. Je suis donc descendu jusqu’à Charleston, en Caroline du Sud, où j’ai marché des kilomètres, comme sur un terrain de golf, en m’extasiant devant la beauté de cette ville riche d'histoire. Côté premières, ces gens-là sont forts: premier coup de feu de la guerre de Sécession, premier musée public américain, premier terrain de golf américain... oui oui, il semble que ce soit bel et bien vrai. Tout en dégustant ma bisque de crabe au Hyman’s Seafood, très fréquenté par les touristes, je me suis demandé comment je pourrais bien faire pour venir vivre ici.
À mon dernier jour de vacances, je me suis vêtu de noir pour aller frapper des balles à Murrells Inlet, au Blackmoor, conçu par Gary Player. Malgré les voiturettes (obligatoires), la faune y abonde: à preuve, j’ai pu apercevoir un merle bleu et un aigle royal – de quoi émerveiller tout golfeur.
Et le vrai Myrtle Beach? C’est encore l’océan, qu’on voit et qu’on entend presque partout, et qui reste imperturbable malgré le développement immobilier. J’ai fait une promenade sur la grève au cours de cette dernière journée, et j’ai passé un moment à observer un homme qui sillonnait la plage, tête baissée, avec son détecteur de métal. Quel vain passe-temps, me suis-je dit. Mais, tout absorbé par sa tâche, il semblait en retirer un réel plaisir. Comme un golfeur.
(Christopher Korchin habite Montréal. Journaliste pigiste, il réussit à jouer sous la barre des 90 au moins une fois par année.)
S’y rendre
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PHOTO DU HAUT : MYRTLE BEACH AREA CONVENTION & VISITORS BUREAU
GOLFEUR : MYRTLE BEACH AREA CONVENTION & VISITORS BUREAU
PREMIER TERRAIN DE GOLF : MYRTLE BEACH AREA CONVENTION & VISITORS BUREAU
DEUXIÈME TERRAIN DE GOLF : CLASSIC GOLF GROUP



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