Week-end
À l'est de la Colombie-Britannique
La Colombie-Britannique est une destination très populaire. Mais à l'autre extrémité du pays, Terre-Neuve offre aussi, de la mer aux montagnes, plusieurs attraits similaires.

Le parallèle le plus évident que l’on peut établir entre les provinces de l’Ouest et celles de l’Est du Canada est l’abondance de sites naturels. À Terre-Neuve, d'ailleurs, plusieurs de ces sites sont reliés par des sentiers de randonnée pédestre, l'East Coast Trail, qui s’étend sur 540 kilomètres. Et ce ne sont pas des voies d’un mètre de largeur recouvertes de gravier ! Loin de là : ces sentiers ont été aménagés à même les rudes chemins traditionnels qui reliaient autrefois, bien avant l’existence des routes, 32 petites communautés côtières de Terre-Neuve. À l’exception de quelques passages de bois dans les zones particulièrement accidentées et de pierres de gués dans les marais, on n’a pas beaucoup modifié les chemins originaux pour en aplanir les difficultés. À La Manche, au sud de St. John’s, on trouve même un pont suspendu à peine assez large pour une personne ; il y en a bien un qui lui ressemble, dans l’île de Vancouver, plus connu et peut-être un peu plus périlleux, mais, pour les Terre-Neuviens, ce n’est vraiment pas suffisant pour que l'on puisse dire (et redire) que le West Coast Trail est unique ! Parmi les autres attraits, mentionnons le Pulpit, un promontoire près de Bay Bulls, et le Spout, une caverne creusée par les vagues dans la falaise près de Cape Spear qui projette une colonne d’eau entre les rochers. Bref, ces pistes constituent un défi même pour les randonneurs de Colombie-Britannique les plus aguerris...
Voilà pour la randonnée sportive. Mais, dans l’Ouest, le kayak de mer est aussi une activité très appréciée, direz-vous. Eh bien, du haut de Cape Broyle, observez les néophytes quitter le quai de Stan Cook comme une bande de canetons nerveux ! Il existe ici une communauté de kayakistes enthousiastes qui prennent la mer même à des périodes de l'année où certains Britanno-Colombiens hésiteraient à le faire. Et qu’en est-il de l’observation des baleines et des oiseaux ? Rappelons d'abord qu'à Terre-Neuve, les stars de l’océan ne sont pas les baleines grises ou les épaulards, mais plutôt les immenses baleines à bosse, qui font passer les espèces du Pacifique pour de vulgaires poissons. Ces baleines longent la côte à la recherche de bancs de capelans ; c’est aussi ce que font les macareux, des oiseaux colorés qui ajoutent encore au spectacle. O’Brien’s Boat Tours et Gatherall’s Puffin and Whale Watching organisent des excursions qui en valent la peine.
D’accord, c’est bien beau, mais je vous entends déjà répliquer que rien ne peut rivaliser avec les impressionnants sommets de l’Ouest. Je vous l'accorde. Mais Terre-Neuve a quand même quelque chose de très particulier : des montagnes de glace ! Au début de l’été, le courant du Labrador charrie d’impressionnants fragments de glaciers au sud du Groenland, et, des sentiers de l’East Coast Trail, il est possible d'observer jusqu’à 10 icebergs à la fois. Impressionnant, non ? Et révélateur de la grande différence qu’il y a entre les deux côtes canadiennes – que vous remarquerez d’ailleurs assez vite si vous arrivez ici équipés comme si vous vous rendiez dans l’Ouest : il fait effectivement un peu plus froid au pays des icebergs qu’au pays des mangeurs de lotus. Mais cela vous donnera peut-être tout simplement envie de passer un peu de temps à l’intérieur, et vous découvrirez alors d’autres trésors cachés de Terre-Neuve...
De Sarah McLachlan à Neko Case, ce ne sont pas les chanteurs qui manquent en Colombie-Britannique, où la scène musicale se retrouve souvent sous les feux de la rampe. Mais George Street, dans le centre-ville de St. John’s, a quelques points en commun avec Gastown. Mentionnons seulement que, dans une partie relativement courte de cette rue, on trouve 42 bars – et qu’il y en a une quarantaine d’autres dans les environs immédiats. Beaucoup offrent des spectacles, dont plusieurs qui mettent en vedette les artistes de la vibrante scène indie de St. John’s. Deux conseils, toutefois : premièrement, n’oubliez pas qu’ici le coup d’envoi se donne tard – et même bien souvent à l’heure du Pacifique... Si, disons, vous décidez d’aller au Ship pour assister au spectacle du groupe reggae Idlers, vous n’entendrez rien d’autre avant minuit qu’un test de son. Ensuite, aucune virée sur George Street n’est complète sans une escale au O’Reilly’s pour entendre de la musique terre-neuvienne traditionnelle comme celle des Masterless Men. Et ça, c’est quelque chose que vous ne trouverez pas en Colombie-Britannique.
(Russell Wangersky vit à St. John’s. Il est journaliste et écrivain. Son plus récent livre, Burning Down the House: Fighting Fires and Losing Myself, a remporté le BC National Prize dans la catégorie « Non-Fiction » et a figuré sur la liste des 100 meilleurs livres de 2008 du Globe and Mail.)
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PHOTO DU HAUT: PETER HELM
BAR: PETER HELM
MACAREUX: O’BRIEN’S WHALE AND BIRD TOURS
ICEBERGS: DAVID HEBBARD PHOTOGRAPHY



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