Envol juin 2008

DESTINATION SOLEIL

Bogotá, ville en fête

À Bogotá, les occasions de se divertir ne manquent pas. La métropole colombienne profite d’ailleurs, depuis quelque temps, d’un regain d’intérêt qui en fait l’une des destinations sud-américaines les plus prisées, à cause de sa beauté mais aussi des attractions culturelles qu’elle offre. Tour d’horizon de cette ville enivrante où la fête est omniprésente.


Monserrate

Le seuil de tolérance à l’effusion est plus élevé que la normale chez les Colombiens. C’est la conclusion à laquelle j’en viens, assis à une table bordant une piste de danse bondée de Bogotá. La musique hurle et les gens reprennent en chœur, alors qu’à quelques mètres seulement, sur une autre piste de danse, d’autres clients se trémoussent au son d’un air différent, mais à l’intensité sonore tout aussi extrême. Une douzaine de musiciens costumés apparaissent comme par enchantement pour entamer un Joyeux anniversaire façon salsa, chorégraphie et confettis à l’appui.

Rien de plus normal que ce joyeux mélange de boustifaille, de danse et de musique, un vendredi soir, au Andrés Carne de Res, une grilladerie typiquement colombienne située en périphérie de la ville. Pour certains, il n’y a pas de meilleur endroit au monde pour faire la fiesta; pour d’autres, il y a de quoi se taper une migraine! Mais, à en juger par les sourires béats des centaines de danseurs qui se défoulent sur la piste, je crois que personne ici ne se plaint de maux de tête. La viande, du bœuf, pour l’essentiel, merveilleusement grillée et apprêtée, est copieusement servie sur des poêlons encore brûlants qui tiennent lieu d’assiettes.

Après des années de vaches maigres, les Colombiens ont de bonnes raisons de se réjouir. L’optimisme est palpable, et nulle part ailleurs qu’à Bogotá on ne peut mieux sentir ce vent de renouveau.

La capitale colombienne, qui compte six millions d’habitants, est une ville moderne et raffinée; bien qu’elle ne soit qu’à 640 kilomètres de l’équateur, elle jouit d’un climat doux en raison de son altitude (2 600 mètres). Et elle connaît actuellement une expansion sans pareil en Amérique du Sud.

Il faut bien un jour ou deux pour s’accoutumer à l’altitude, mais, une fois qu’on a retrouvé son souffle, il ne faut pas manquer de se rendre au sommet du Monserrate, qui flanque la ville à l’est. Des pèlerins ont gravi cette montagne durant 400 ans pour rejoindre, tout en haut, l’église de Monserrate; aujourd’hui, un téléphérique vous y amène en quelques minutes. La vue sur la ville y est spectaculaire.

Le quartier de La Candelaria est le centre historique. Comme la plupart des villes coloniales espagnoles, Bogotá est conçue autour d’une place principale, la Plaza de Bolivar. Les édifices coloniaux de style baroque rappellent l’histoire chargée de la ville. Aujourd’hui, les Bogotanais aiment s’y retrouver pour écouter de la musique ou regarder les spectacles des artistes de rue.

Museo Botero

Le Museo del Oro, tout près, est un bâtiment résolument moderne qui abrite, dans ses salles à l’éclairage tamisé, de l’art pourtant très ancien, dont des objets en or d’époque précolombienne (d’une valeur de 200 millions de dollars). En face se trouve le Museo Botero, qui porte le nom de l’artiste de renommée internationale Fernando Botero. Ce dernier a fait don d’une centaine de ses œuvres (on y retrouve ses personnages dodus et ses sculptures gigantesques) et de pièces de sa collection personnelle, et non des moindres puisqu’il s’agit de Matisse, de Chagall, de Picasso et de De Kooning. Le résultat est à la grandeur de ses œuvres et le musée n’a rien à envier à d’autres institutions jouissant d’une plus grande notoriété.

La meilleure façon de découvrir la ville, c’est à vélo. Bogotá possède un incroyable réseau de pistes cyclables. Le dimanche, de 7 h à 14 h, les grandes artères sont fermées à la circulation automobile et prises d’assaut par les cyclistes.

Voilà donc quelques-unes des nombreuses raisons de visiter Bogotá, où l’on peut passer du bon temps. Il s’agit d’être prêt pour la fête – à toute heure du jour et de la nuit.

(Chris Jones est journaliste spécialisé en gastronomie. Il collabore à plusieurs publications anglophones, françaises et espagnoles.)

S'y rendre

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PHOTO DU HAUT: IMAGE SOURCE / JUPITER IMAGES
CATHÉDRALE: NELSON MEJIA / ISTOCKPHOTO
AUTO: MARCEL COPS / DREAMSTIME
MUSEO BOTERO: BANCO DE LA REPÚBLICA

Moment à New York