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aventure

Vent, vagues et belle vie en République dominicaine

Pas nécessaire d’être un fanatique de surf cerf-volant pour adorer Cabarete. Disons simplement que cela ne nuit pas.


Au bout du sentier de terre qui s’étire pendant un kilomètre au nord de la route principale, il y a un panneau avec l’indication « Surf, cerf-volant, yoga ». Voilà, j’étais arrivé à Encuentro Beach, la meilleure plage pour faire du surf en République dominicaine, et l’une des meilleures des Antilles. Curieusement, c’était le calme plat. Il y avait bien deux Espagnoles qui suivaient un cours et une petite famille de Melbourne qui s’amusait dans l’eau, mais vraiment pas de quoi fouetter une crête de vague. Il faut dire que j’étais arrivé un peu en retard, parce que j'avais pris le temps de déguster un de ces délicieux sandwiches de mahi mahi qu’on sert sur le bord de l’autoroute. Et – c'est bien connu – les surfeurs sont des gens matinaux. Mais s’il s’agit vraiment de LA plage, où sont-ils passés ? « À la plage de surf cerf-volant, me dit Marcus, le propriétaire allemand de 321takeoff, l’école de surf et de surf cerf-volant du coin. Le vent s’est levé. »

Parce que la mer y est chaude, que les conditions sont exceptionnelles et qu’on y retrouve peu de monde, le côté nord de la République dominicaine, près de Cabarete, est une destination de rêve pour les amateurs de surf. C’est également un endroit pour les adeptes de bien-être qui rivalise avec ce qui se fait de mieux en Californie ou à Hawaii, en partie grâce au travail de professionnels chevronnés comme Chantal Martin, une Montréalaise qui exploite de charmants studios de yoga. Quant à la cuisine, amalgame épicé de techniques espagnoles et d’ingrédients des îles, saupoudré d’influences s’étirant du Pérou au Japon, c'est l’une des meilleures des Antilles. Mais rien de tout cela n’explique tout à fait pourquoi les hôtels-boutiques et les restaurants de bord de mer attirent de plus en plus de monde. En fait, la réponse est dans le vent.

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Car, voyez-vous, une communauté internationale toujours plus nombreuse, vouant un véritable culte au vent, a décidé que Cabarete allait être l’endroit où faire un saut en hiver. Et quand on dit saut, on veut dire s’envoler à plus de 10 mètres accroché à un immense cerf-volant. Cabarete, au départ une destination de planche à voile de renommée internationale, a été colonisée par les surfeurs cerf-volistes. Semblable à la planche nautique, mais avec un cerf-volant high-tech en forme de feuille à la place du bateau, cette activité fait de plus en plus d’adeptes parmi les planchistes en tout genre. La raison est simple : pas besoin de pente, de vague ni de moteur pour vivre des sensations fortes. Comme le littoral nord du pays est l’endroit le plus chaud qui est régulièrement balayé par les vents, et le plus rapproché des principaux aéroports d'Amérique du Nord, il est devenu le point de convergence de ces drôles d’oiseaux.

Quand j’ai compris que j’avais choisi la mauvaise activité cette journée-là, je suis allé au Cosmic Kite Lounge, un resto-bar et école de surf cerf-volant où le prodige local Alex Soto m’a harnaché afin que je puisse, moi aussi, m’envoyer en l’air. Après un certain temps (je ne vous dirai pas combien), je suis parvenu à m’élever au-dessus de la mer et, pour la première fois, à voir la ville de Cabarete. Cette somptueuse plage est à seulement 40 minutes de route des complexes touristiques de Puerto Plata, mais, ici, il n’y a rien qui dépasse cinq étages. De retour sur le plancher des vaches, j’ai demandé à un type (dont le bronzage indiquait qu’il était là depuis longtemps) pourquoi le développement n’avait pas été plus intense. Sa réponse, réaliste ou non, témoigne de la volonté d’une certaine sous-culture à préserver les sites enchanteurs : « Parce que les édifices en hauteur bloquent le vent. »

Le lendemain matin, à mon réveil, dans ma cabana de luxe au toit de chaume de Naturas Cabanas, un centre de villégiature écologique en bord de mer, je me suis demandé ce que j’allais faire de ma journée. Une autre session de surf cerf-volant ? me suis-je demandé. Je pourrais aussi aller à la plage pour surfer ou faire de la plongée – il y a de nombreux récifs tout près. Je pourrais même m’offrir une séance de yoga sur place puisque Naturas accueille l’un des meilleurs professeurs de hatha du pays. Finalement, j’ai opté pour une petite randonnée dans les collines, histoire de voir les chutes d’eau dont j’avais entendu parler, et je suis revenu à ma cabana pour une délicieuse pause dans le hamac de mon porche.

La leçon que je retiens de cet endroit ? Pas besoin de faire partie de la sous-culture des accros d’Éole pour profiter de tout ce que Cabarete a à offrir. Il suffit simplement d’aller là où le vent nous porte.

(David Godsall, rédacteur pour Envol, vient d’ajouter une obsession à sa liste.)

S’y rendre

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PHOTO DU HAUT: DREAMBUZ/HEGE HOLT
KITEBOARDING: THE DOMINICAN REPUBLIC MINISTRY OF TOURISM
CABANA: COURTESY NATURA CABAÑAS

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