Envol

Golf

Golf à l’île de sable rouge

Un séjour de golf à l’Île-du-Prince-Édouard, et vous chanterez les louanges de la plus petite province canadienne.

The Links at Crowbush Cove

Alors que nous approchons de Charlottetown, la capitale, j’aperçois par le hublot de l’avion des collines boisées et une immense courtepointe vert et rouge de champs de pommes de terre et de terrains en jachère. Et, aussi, plusieurs terrains de golf. Bien des gens ne savent pas encore que l’Île-du-Prince-Édouard est l’une des meilleures destinations de golf en Amérique du Nord – et je me prépare à en profiter pleinement pendant un long week-end.  

Impatient de commencer une partie, je roule une demi-heure à l’est de Charlottetown jusqu’au golf Brudenell River, un charmant parcours conçu par Robbie Robinson, où l’herbe longue est gérable mais où les verts exigent du doigté. Sur papier, la combinaison de six normales 3, de six normales 4 et de six normales 5 est intimidante, mais je me rends compte que ce sont les trous aménagés près de la magnifique rivière qui me causent des maux de tête ; je me dis, intérieurement : frappe d’abord la balle, ensuite admire le paysage. Sur le chemin du retour vers Charlottetown (les insulaires disent C’town), je m’arrête dans le très animé village de Montague pour regarder les bateaux colorés du port. À l’Île-du-Prince-Édouard, la mer subjugue même les golfeurs les plus passionnés. Sur presque tous les parcours, on peut être déconcentré à la vue des voiliers et des chalutiers en route vers le détroit de Northumberland ou le golfe du Saint-Laurent.

Le Jour 2, je me retrouve à Crowbush Cove, un parcours tout en allées dessiné par Thomas McBroom et qui a contribué à populariser l’Île-du-Prince-Édouard comme destination de golf en 1993. Comme Anne Shirley, Thomas McBroom a trouvé « de la place pour rêver » ici – Crowbush est un terrain très amusant avec des trous incroyables au bord du golfe ou de marais d’eau salée. Parcours suivant : Mill River, un terrain conçu par Robbie Robinson et où a été récemment tourné Big Break, une téléréalité diffusée sur The Golf Channel. La température, tellement imprévisible que c’en était comique, a donné son propre spectacle avec des orages électriques et des trombes d’eau, colorant les fossés d’eau et la rivière en rouge rouille typique de l’île. Sitôt la pluie terminée, j’ai repris là où j’avais laissé ma partie sur ce golf boisé.

Après un bol de chaudrée au Flex Mussels de Charlottetown et une nuit de sommeil réparateur à The Great George, un confortable hôtel de style victorien, je me sens d’attaque pour le Glasgow Hills, un parcours grisant dessiné par Les Furber, plein de dénivelés et avec des vues splendides sur North Rustico Harbour et le golfe. On est ici en plein pays d’Anne et la maison aux pignons verts, et j’imagine très bien la petite rousse, excédée, qui lance ses bâtons de golf un peu partout. Les allées sinueuses peuvent en effet mettre à l’épreuve les nerfs des golfeurs les plus calmes.

Le dernier jour, je retourne à Brudenell River pour me mesurer au joyau de Michael Hurdzan et Dana Fry, le Dundarave. Ici, je parviens sans peine à maîtriser le piège des herbes hautes et des verts rapides, mais ce sont les fosses de sable rouge – « le cimetière des rêves brisés », pour reprendre une phrase de Lucy Maud Montgomery – qui causent ma perte. J’aurai ma revanche un jour.

J’ai adoré jouer au golf, mais ce sont d’autres découvertes qui m’ont convaincu qu’il fallait revenir ici. Par exemple, un délicieux flétan dégusté au resto Lot 30, et deux exquises comédies musicales, Anne of Green Gables, à C’town, et Anne and Gilbert, à Summerside, une heure de route à l’ouest de la capitale. Dans ce dernier spectacle, le moment fort arrive avec la chanson « You’re Island Through and Through » (« Tu es de l’île, de pied en cap »), une célébration de la méfiance des insulaires à l’égard du reste du monde, où l’on dit quelque chose comme « Si tu disais non à Montréal, et oui à Montague / Tu es de l’île, tu es de l’île, de pied en cap ! ».

Pour par part, il était temps de dire oui à Montréal, mais j’étais déjà en train de planifier mon retour à Montague.

(Christopher Korchin est journaliste et vit à Montréal. Son élan est digne de mention.)

S’y rendre

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PHOTO DU HAUT: TOURISM PEI / JOHN SYLVESTER
BATEAUS: TOURISM PEI / JOHN SYLVESTER
MILL RIVER COURSE: TOURISM PEI / BARRETT & MACKAY

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