Envol

Boire Et Manger

Cocktails et histoire à La Nouvelle-Orléans

Abreuvez-vous à l’origine des cocktails modernes, et laissez-vous enivrer par un autre aspect historique de La Nouvelle-Orléans.


Carousel Bar, Hotel Monteleone

Ne soyez pas surpris si vous sentez votre siège tourner au bar Carrousel, de l’hôtel Monteleone, à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Ce n’est pas (uniquement) parce que l’alcool commence à faire effet – quoique cela puisse ajouter à la sensation. En fait, les tabourets sont actionnés par un petit moteur qui les fait tourner autour du bar circulaire...

Saviez-vous que La Nouvelle-Orléans est le berceau du cocktail ? C’est à Antoine Amédée Peychaud, un apothicaire créole, qu’on en doit les origines, vers 1800. Sa pharmacie, dans le Vieux Carré, n’existe plus – l’édifice abrite aujourd’hui une boutique d'armes à feu antiques. Mais cette ville animée offre encore aux amateurs de boissons alcoolisées de nombreux points de repère historiques.

Le premier cocktail créé par Peychaud a été le sazerac, un mélange de brandy, de sucre, d’eau et d’amer. La plupart des bars de la ville se vantent d’en être des spécialistes, mais la recette n’est pas aussi simple qu’elle en a l'air. Le bar French 76, du légendaire restaurant Arnaud, en propose l’une des meilleures versions. Le resto a ouvert en 1918, et son bar semble être tout droit sorti d’une toile de Manet. Le secret de son sazerac – le rye, le sirop, l’amer, l’absinthe (et même le verre) sont très froids – en fait un cocktail qui se boit facilement, tout en étant passablement costaud.

Si vous avez la chance de rencontrer Joe Gendusa – auteur du livre History with a Twist, le guide ultime sur tout ce qui touche les cocktails de La Nouvelle-Orléans (un conseil : pour le rencontrer, faites l’une de ses visites guidées) –, vous recevrez un laissez-passer qui vous donnera accès aux meilleurs bars de la ville. C’est probablement la seule façon d’apprendre, par exemple, qu’il y a une pièce secrète au deuxième étage du bar Muriel’s, dont le décor rappelle celui d’un vieux bordel (l’édifice qui abrite le resto et qui a été construit il y a 300 ans a d’ailleurs déjà été un bordel). Vous sentirez l’héritage hédonistique de l’endroit vous envahir immédiatement une fois assis dans votre confortable fauteuil en velours, savourant la spécialité du Muriel’s – le martini à la pomme grenade.

L’opposé du Muriel’s – tant pour le décor que pour l’esprit des lieux – est le Tujague’s (prononcé « two jacks ») ; les deux établissements ne sont pourtant situés qu’à quelques rues de distance. Malgré son enseigne au néon, le Tujague’s n’a rien d’un attrape-touristes et est surtout fréquenté par les gens du coin. Ne cherchez pas les tabourets : il n’y en a tout simplement pas, et c’est ce qui fait son originalité depuis ses débuts. C’est également à ce bar qu’on doit le grasshopper – un mélange de crème de menthe, de crème de cacao et de crème légère – reconnu comme étant le sundae des cocktails.

Construit en 1797 pour servir de résidence à Napoléon, qui devait être sauvé de son exil et amené à La Nouvelle-Orléans, le Napoleon House n’a jamais vu le célèbre empereur déchu, qui est mort avant de pouvoir y habiter. Mais l’Histoire nous a ainsi légué un merveilleux bar, où l’on entend encore de la musique classique. Le meilleur endroit y est certainement le jardin, à l’arrière, où l’on s’assoit à l’ombre, au milieu du feuillage. Commandez un Pimm’s Cup, la spécialité de la maison : ce mélange de Pimm’s, de limonade et de 7UP, garni d’un concombre, est tout simplement la meilleure façon de se rafraîchir par un après-midi chaud à La Nouvelle-Orléans.

Enfin, même quand le Vieux Carré est envahi par les fêtards, vous pouvez retrouver le calme au Bombay Club, au Prince Conti Hotel. Choisissez l’une des alcôves, et écoutez le pianiste vous jouer des airs de jazz. Un serveur vous expliquera le cocktail du jour, peut-être celui datant du XIXe siècle. Vous pouvez également commander un wet martini (nouvelle version du dry martini), avec des olives. Mettez-vous à l’aise, vous voudrez rester ici un bon moment.

(Chris Johns est journaliste spécialisé en gastronomie et en tourisme. Ses articles sont publiés dans plusieurs magazines en anglais, en français et en espagnol.)

Comment s’y rendre

Nous offrons un service vers la Nouvelle-Orléans via Chicago, en collaboration avec notre partenaire United Airlines, membre du réseau Star AllianceMC. Choisissez votre vol. Jetez également un coup d’œil sur nos offres exceptionnelles de location de voitures et de chambres d’hôtels.

TUJAGUE’S BAR SIGN: BEAU B.
MURIEL’S SÉANCE ROOM: KERRI MCCAFFETY

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