EMMENEZ LES ENFANTS
Choys Londres et au-del
Avoir un enfant, ça change beaucoup de choses. Mais ça n’empêche pas nécessairement de voyager avec classe ! À l’hôtel, en Angleterre, papa, maman et bébé jouent le grand jeu !

Aspley's au Lanesborough
Valet de cœur
William (mon mari) et moi étions d’accord : pas question de chercher un hôtel qui met un point d’honneur à accueillir les enfants. Nous avons décidé de nous payer la traite, et, avec Andrew, notre fils de cinq mois, nous descendons au Lanesborough, l'un des plus célèbres hôtels londoniens. Ce temple du luxe (un « six étoiles », selon les connaisseurs), de style régence (comme le palais de Buckingham), est à deux pas de Harrods, de Harvey Nichols et du palais de Sa Majesté.
Sur le sol bien lisse du hall d’entrée néoclassique, la poussette de fiston roule avec aisance (première bonne surprise). À la réception, Andrew tombe amoureux des membres du personnel, en pamoison devant lui (une autre raison de se réjouir). Notre suite ressemble à une luxueuse résidence privée. Les fauteuils en cuir et les chaises longues aux appuie-tête en brocart s'harmonisent parfaitement avec le revêtement des murs, en acajou foncé. Le lit de bébé ? Il a l’allure d’un ourson soyeux à l’effigie de l’hôtel. Et le plus impressionnant, ce n’est pas la salle de bain en marbre de Carrare ou les miroirs anti-buée, c’est notre majordome. Plus de glaçons dans le sceau à champagne ? Besoin urgent de couches ? Vos désirs sont des ordres ! Il est aux petits soins et peut même bercer votre bébé ou fredonner une berceuse pour l’endormir, au besoin. Vous parlez d’un service !
Jusqu’ici donc, tout va bien. Mais nous nous faisons du souci pour le souper. Le chic restaurant italien de l’hôtel, l’Aspley, a une clientèle sélecte (Madonna, entre autres, y vient parfois) et la réputation d’être un peu guindé. Nous nous préparons donc au pire. Andrew émet ses premières lamentations au moment où nous savourons des copeaux de vieux parmigiano reggiano et les pleurs s’intensifient pendant l'entrée (longe de veau bien tendre, sauce au thon ; calmars grillés à la tomate et au basilic). Puis, ce sont des hurlements. Nous essayons d’apaiser l'enfant (tout en savourant nos escalopes saltimbocca avec purée de pois parsemée de salicorne et de sauce vierge), et nous évitons de croiser le regard des autres clients.
Notre petit chéri a le visage pourpre de colère quand un maître d’hôtel se dirige finalement vers notre table. Il va sûrement nous demander de regagner notre chambre. Mais non ! Avec un grand sourire, il me dit : « Souhaitez-vous, Madame, qu’on lui réchauffe son biberon ? » Bonne idée, puisque, quelques minutes plus tard, Andrew dort du sommeil du juste, et nous, nous sirotons notre café en croquant des amaretti...
Le grand jeu
Une route bordée de hêtres et de tilleuls impressionnants mène au Lucknam Park, une propriété verdoyante de quelque 200 hectares du groupe Relais & Châteaux, à une dizaine de kilomètres de la ville historique de Bath. Ce manoir a l’air sorti du film Les vestiges du jour. Le portique au mobilier géorgien, flanqué de deux corps latéraux du bâtiment, accueille des visiteurs très, très fortunés.
Un majordome (bien plus jeune et souriant qu’Anthony Hopkins) vient à notre rencontre. Pendant que nous nous occupons des formalités à la réception, il plie notre poussette et fait monter nos bagages dans notre chambre sans même que nous nous en apercevions. Il nous escorte ensuite en personne à la salle à manger, où le personnel s’empresse d’aller chercher une chaise de bébé. Dans ce cadre ô combien formel, rien d'oppressant: le personnel (en uniforme), est aux petits soins avec nous, ramassant la moindre miette sur la table et offrant de préparer pour Andrew des purées de légumes biologiques. Tous, du sommelier au portier, semblent enchantés de notre présence.
Fiston étudie le plafond en trompe-l’œil pendant que nous dégustons un montbazillac avec le dessert et discutons des activités qui s’offrent à nous le lendemain. Nous avons le choix de visiter les thermes romains ou de prendre une leçon d’équitation avant de faire une balade dans la propriété ou une saucette dans la piscine (où les enfants sont bienvenus en tout temps). Avant de retourner à la chambre, j’interroge le majordome sur le repas du soir. Il s’agit d’un festin concocté par un chef primé au Michelin, Hywel Jones. Avant même que j’aie pu dire ouf !, notre dévoué serviteur fait une réservation pour un repas à 20 h, précédé d’un apéritif dans le salon à 19 h 30. Pour notre bambin, tout s’arrange, une gardienne expérimentée et hautement recommandée est justement libre ce soir-là. Qui a dit que « vie de famille » signifiait « adieu vacances chics » ?
(Laura Osborne, jeune maman, est rédactrice principale à Spafax. Elle s’est découvert une passion pour les valises griffées pour bébé, et ne dédaigne pas un coup de main quand vient le temps de les trimballer !)
S’y rendre
Air Canada vous offre le plus grand nombre de vols quotidiens sans escale entre le Canada et Londres. Voyez par vous-même! Et profitez de nos offres exceptionnelles de location de voitures et de chambres d’hôtels.




Publié par